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Publié le par Loos pour Tous

Loos : pas de référendum sur les Roms pour le moment, mais une délibération


d-20140911-357Y34 2014-09-10 17:21:02

Le principe du référendum sur les Roms devait être soumis à ce conseil municipal loossois de ce jeudi soir. Les élus de la majorité ont, à la place, adopté une délibération demandant au préfet de prendre des mesures à propos du campement situé sur le terrain de l’administration pénitentiaire.


Anne Voituriez l’a martelé : « 
Notre objectif est d’obtenir la fermeture de ce campement. S’il faut un référendum, il y en aura un. Si ce n’est plus un outil indispensable, il n’y en aura pas.»

 

La délibération demande « de bien vouloir prendre toutes mesures destinées à accueillir les populations migrantes autrement que par l’intermédiaire du campement installé sur le parking de la prison de Loos. » Elle a été adoptée par la majorité. Les oppositions de gauche ont voté contre.

Sur les bancs de l’opposition (PS, PCF, Vert et société civile), Bénédicte Callaert a fait observer que les élus découvraient une délibération dont ils n’avaient pas eu connaissance en commission. Qu’il était inquiétant de la justifier « par le coût de l’accueil des enfants dans les écoles et l’insertion » contraire « au mieux vivre ensemble ». François Verdonck y a vu une « déclaration sibylline vous permettant de décider tout et son contraire ». Et notamment « une éventuelle expulsion ». L’ancien premier adjoint PS préférerait que la maire de Loos, aujourd’hui conseillère à LMCU pour les populations migrantes, s’attache « à convaincre ses collègues maires des communes de la métropole à s’engager dans un processus d’intégration ». Jean-Luc Munro a rappelé l’existence « d’un fonds européen » finançant les mesures d’intégration. L’élu Vert a souligné « qu’il y avait des efforts à faire en ce sens dans la métropole ».

Pas de « leçons d’insertion » à recevoir

Anne Voituriez a estimé qu’elle n’avait pas « de leçons d’insertion » à recevoir citant les vingt demandes de scolarisation des enfants et l’action du CCAS. La maire de Loos a fustigé «l’inertie » de l’ancienne majorité. Elle a affirmé que les promesses n’avaient pas été tenues : devant l’ancienne prison, « on nous avait promis un camping deux étoiles. » Mais pour Anne Voituriez : « C’est un campement indigne. » La ville a demandé à la préfecture d’en limiter l’extension. Des gravats ont été déployés autour du camp afin d’éviter que les espaces libres soient occupés par de nouveaux arrivants. L’emprise du campement se réduit a annoncé Anne Voituriez. Mais il faut intervenir quand les populations migrantes « créatives » parviennent à bouger les gravats pour agrandir le campement. Enfin Anne Voituriez soulève le problème d’une « économie parallèle » qui fait l’objet d’une surveillance.

Mais tout en travaillant à la fermeture du campement sur le terrain de la prison de Loos, la maire en tant que conseillère à LMCU œuvre à ce que « chaque commune fasse un effort d’accueil pour les familles qui acceptent l’intégration ».

L’organisation du référendum par la ville de Loos « aurait coûté 30 000 euros ». Le nombre de personnes vivant sur ce terrain est estimé « entre 185 à 200 personnes ». La ville de Loos compte 23 000 habitants.

Vœu et nouveau règlement au conseil

Un nouveau règlement intérieur a été adopté jeudi lors de ce conseil de Loos. Il définit le mode de fonctionnement du conseil municipal durant la mandature 2014-2020.

Désormais, les élus pourront apporter des amendements aux délibérations, à savoir faire des propositions qui pourront être retenues. ils pourront aussi formuler des vœux en conseil. C’est-à-dire proposer une sorte de résolution qui est soumise aux votes. La première en date a d’ailleurs été celle de la « commission éco » de la ville à propos des négociations TAFTA (1).

Enfin, les oppositions ont obtenu un local au sein de l’hôtel de ville. Ce qui n’était pas le cas sous l’ancienne mandature.

Toutefois si la majorité s’est félicitée de « cette avancée en matière de démocratie », les oppositions de gauche y ont apporté quelques nuances. Si les progrès introduits dans le nouveau règlement sont notables, la question de la plage horaire dévolue aux élus de l’opposition pour l’accès au local de réunion fait problème. Une plage horaire de 14 h à 18 h peu pratique pour les élus salariés a fait remarquer Elisabeth Masquelier. Jean-Luc Munro a parlé de véritable blocage concernant l’accès des élus en mairie qui existait déjà lors de la mandature précédente.

« Je pensais naïvement que cette délibération serait votée à l’unanimité » a dit Anne Voituriez. La maire de Loos a précisé que la salle réservée à l’opposition ne pouvait être ouverte après 18 heures ni le samedi matin, horaires réservés à l’accueil en mairie des Loossois.

(1). Il s’agit des négociations sur le Traité transatlantique de commerce et d’investissements. Discutées en secret entre l’Europe et les États-Unis, des dispositions de ce traité pourraient avoir pour conséquence « d’autoriser les multinationales à attaquer devant les tribunaux les états ou collectivités qui ne se plieraient pas aux logiques du libre-échange ».

VdNord 26/09 

Carole Mocellin

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